
Qu’est-ce qui fait courir les filles sur le Rallye Aïcha des Gazelles ? Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les hommes. Mais, tout simplement, cette envie d’aventure et cette part de rêve qui animent Antje Merlin et Léna Talbi. Cet équipage # 209 portera les couleurs de Bosch lors de la prochaine édition du Rallye Aïcha des Gazelles 2027, sur une Jeep Wrangler Rubicon. Gazelle d’un jour, Gazelle pour toujours ! L’aventure n’attend pas, alors, depuis plusieurs mois, le duo multiplie les contacts avec la presse automobile. C’est la raison pour laquelle Raid & Rallye a décidé de suivre cet équipage volontaire impatient d’être sur la ligne de départ, le 20 mars prochain.


Antje Merlin tiendra le rôle de pilote et Léna Talbi celui de navigatrice. Aucune des deux n’a encore participé à une épreuve automobile Tout-Terrain. Qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas quelques centaines de km de pistes ensablées qui vont freiner leur élan. Mais, Antje sait que la poussière qui recouvre le sol marocain, au point d’effacer les pistes principales, sera son ennemi au quotidien.


Dans le civil, Antje Merlin a pour habitude de régler les problèmes juridiques au sein de l’entreprise Bosch, et plus particulièrement dans le département juridique de « Mobility Aftermarket ». 1ᵉʳ équipementier automobile mondial, Mobility Aftermarket propose à ses clients à travers le monde une gamme complète de pièces détachées pour l’automobile, des outils d’équipement d’atelier et des solutions de réparation pour l’ensemble des véhicules. Cette mère de trois grands enfants (19, 23 et 25 ans) s’efforce de concilier son poste de cadre avec sa vie de famille. Dynamique, sportive, par conséquent ambitieuse et toujours prête à relever le moindre défi. Adepte du trek, cette aventurière aime parcourir la randonnée en zones sauvages en Turquie, Yémen, Kenya, Afrique du Sud, USA, Canada, l’Islande, mais également le nord du Québec dans des conditions extrêmes sous – 38°.



Ce n’est donc pas le fait de rouler par +38°C qui va l’empêcher d’avancer en écoutant le Requiem de Brahms, lorsqu’elle est en voyage d’affaires. Si elle aime Brahms, Antje déteste en revanche l’irrespect envers les autres, le rap, les fruits de mer et faire la queue au supermarché. Outre cet aspect, elle est très motivée à l’idée de participer au RAG 2027. D’une part, cela est dû à son engagement personnel dans la mise en place du projet de partenariat entre la société Bosch et Dominique Serra, directrice de la société Maïenga. Plus les discussions de partenariat avançaient, plus Antje Merlin se disait que cette aventure pourrait lui correspondre.

La dimension et l’implication des Gazelles pour l’association « Cœur de Gazelles », qui a été présente lors du tremblement de terre pour aider la population, ont certainement constitué un élément déterminant dans cette prise de décision. La dimension humanitaire de l’association l’a profondément touchée. Alors, lorsque l’entreprise Bosch a lancé un appel à candidatures au sein de son personnel, Antje Merlin a tout de suite sauté sur l’occasion de se porter candidate pour porter les couleurs de son entreprise. Mais, qui serait ma partenaire ? Avec quelle voiture ?


Du rêve à la réalité. Comme les grands esprits finissent toujours par se rencontrer. Sans connaître le nom de son éventuelle collègue avec qui elle pourrait partager l’habitacle, Léna Talbi fait la même démarche, de son côté. Finalement, elle est également finaliste pour faire la jonction de cet équipage 100 % Bosch. Ancienne gestionnaire administrative dans un opérateur majeur, Léna connaît parfaitement le monde de l’entreprise. Sa qualité à pouvoir maîtriser les relations humaines et son esprit d’équipe ont certainement joué un rôle essentiel dans le choix de l’entreprise Bosch. Manager dans l’âme, lorsque cette jeune femme s’engage dans la difficulté, les doutes disparaissent rapidement, même si les problèmes lui mettent des bâtons dans les roues ! Comme Antje, elle est impatiente et déterminée à aller jusqu’au bout. Leurs collègues de travail pensent qu’elles feront tout pour honorer l’entreprise et passer la ligne d’arrivée. Léna Talbi est consciente que la routine va laisser place à la mer de sable ocre, où la navigation prendra toute sa saveur, surtout lorsqu’elle se fera embarquer sur les chemins de traverse.


En attendant, la copilote se projette dans cette future aventure en repensant aux images d’antan du Paris-Dakar. Impossible d’effacer toutes ces images qui ont marqué son enfance, lorsque Thierry Sabine et Daniel Balavoine installaient des puits pour les populations. D’ailleurs, Thierry Sabine tenait beaucoup à ce que cet élan de générosité fonctionne entre les concurrents et les habitants. Léna Talbi n’aurait jamais pensé une seconde qu’un jour elle serait assise dans un baquet pour déchiffrer un road-book, porter une combinaison de pilote, un casque, utiliser une boussole, lire une carte, suivre un cap et passer du temps à aider une population démunie. Et bien si, c’est possible pour le commun des mortels. Il suffit juste d’avoir envie d’avoir envie, de se libérer du train-train quotidien, de faire preuve d’un peu de volonté et d’enfiler un nouveau costume.


De toute façon, Léna aime toutes les activités de plein air, en particulier celles qui impliquent des chevaux, et cela depuis son plus jeune âge. En 2021, elle est devenue la pet-sitter de »Mishka », son labrador, avant de l’adopter en 2024. Avec lui, Léna a découvert et partagé de nombreuses activités : cani-rando, cani-VTT, cani-cross, agility, mantrailing, obejump… Léna aime également le parcours solidaire de l’association créée par Dominique Serra, ‘’Cœur de Gazelles’’.



En revanche, elle n’aime pas vraiment faire la cuisine, ça tombe bien, au bivouac, elle en sera dispensée. À table… Maintenant, Léna sait qu’elle fera équipe avec Antje Merlin, avec qui elle partage les mêmes convictions que les siennes concernant les thèmes de l’aventure et de la solidarité. Aujourd’hui, elle se sent plus forte pour affronter un désert aride qui ne pardonne à personne, la moindre faute. L’aventure, ça se prépare, alors, pour faire face à tous les pièges liés au désert, l’équipage a décidé de prendre quelques cours de conduite et de navigation dans une école de pilotage, courant novembre. Quoi qu’on en dise, elles ont déjà connu d’autres galères à travers le monde.


Côté humanitaire, le duo a décidé de tout faire pour récolter environ 6 000 € pour financer, faciliter le transport et l’accès aux soins pour les enfants qui résident dans des endroits reculés, loin des dispensaires et des hôpitaux. C’est avec autant de convictions qui incitent à croire que c’est ensemble que l’on peut réussir. Finalement, leur engagement donne tout son sens à leur vie. »Haut les Cœurs de Gazelles’’.

Auteur. Gilles David (gd.redaction@orange.fr). Crédit photos : RAG, DPPI.