
En matière d’exposition, le Salon Rétromobile 2026 sera l’évènement incontournable des passionnés d’autos et de motos d’antan. À un mois de l’ouverture des portes, les exposants s’activent pour bichonner leurs vieilles guimbardes rutilantes, afin qu’elles deviennent un miroir aux reflets d’argent ! pour le plus grand plaisir des visiteurs de l’édition 2026. Cachées et éparpillées dans les quatre coins du monde, toutes ces belles damoiselles attendent patiemment de passer sous les projecteurs, pour cinq jours de gloire ! Un salon de belles mécaniques se déchiffre comme une partition musicale. Il faut garder le rythme en suivant la trame, poser ses yeux sur les belles courbes, leur maquillage et leurs grands yeux noisette ! Alors, si vous voulez connaître votre futur, il faut déjà commencer par découvrir votre passé. C’est la raison d’être du Salon.

Faire découvrir à la jeune génération que les anciens créateurs avaient énormément de talent pour mettre en valeur, un bout de tôle ondulée sur quatre ou deux roues. Côté sportif, après avoir célébré la Formule 1 Tricolore en 2025, en 2026, c’est l’univers du rallye qui sera mis à l’honneur lors du 50ᵉ anniversaire de Rétromobile. Pour l’occasion, le plus beau garage éphémère dédié aux véhicules de collection accueillera une exposition unique en partenariat avec la Fondation Gino Macaluso, dédié aux véhicules ayant marqué le monde des Rallyes automobiles »Ford Cortina, Lotus MK1, Lancia Stratos 2400 CC, Peugeot 205 Turbo 16 ou encore Toyota Celica GT-4 ST165… » ce ne sont là que quelques modèles de véhicules présents lors de l’exposition, qui viendront raconter près de 30 ans d’aventures automobiles aux futurs visiteurs.

Le salon accueillera aussi de grands noms de la discipline (pilote, copilote, préparateur, organisateur, photographe…), sur un espace situé au cœur de l’exposition. Une occasion unique pour les passionnés de sport auto/moto, de découvrir des anecdotes hors du commun.



C’est au début des années 60 que le rallye sur asphalte commence réellement à se faire connaître dans le sport mécanique. Les pilotes se professionnalisent, les écuries également. De plus en plus de constructeur rejoignent la compétition, sentant que la discipline devient un véritable laboratoire d’innovation et de commercialisation. De nombreux modèles marqueront les esprits, comme l’Alpine A110 (5 fois médaillées lors de la prestigieuse Coupe des Alpes).


La Mini-Cooper S 1275 CC (triple vainqueur du Rallye de Monte-Carlo) ou encore la Ford Cortina Lotus MK1 (1ʳᵉ au RAC Rallye, ainsi que dans de nombreuses courses en catégorie tourisme). En 1973, tout s’accélère, la discipline franchit un nouveau cap avec la création du Championnat du monde FIA des Rallyes Constructeurs (WRC). Ça devient un événement mondial. Cette première édition couronne »Alpine Renault. A110 1800 ». Un exploit sur cette discipline précédemment dominée par Porsche et Lancia. Mais la firme de Vincenzo Lancia entend bien reprendre la main. En effet, elle obtient de justesse l’homologation en 1974 pour un nouveau véhicule qui s’avérera être l’un des plus emblématiques de sa génération, il s’agit de la Lancia Stratos.



Rapidement au-dessus du lot, la berlinette italienne domine toutes les compétitions. C’est la première voiture spécialement conçue pour le rallye automobile. Équipé d’un V6 de 2.4 L, d’un moteur emprunté à la Ferrari Dino 246 GT de 280 chevaux.


Taillée pour les routes sinueuses et les chemins de terre, la belle Italienne ne se laisse pour autant dompter facilement. Engagée en 1974, la Lancia Stratos ne laissera aucune chance aux autres compétiteurs et régnera sans égales jusqu’en 1976, sur la catégorie WRC. En 1977, le pilote Français Bernard Darniche remporte le rallye de Monte-Carlo avec cette voiture de course. La Lancia finira par s’effacer pour des raisons marketing au profit de la Fiat 131 Abarth. La marque remportera le Championnat du monde durant deux années consécutives.


Puis, arrive Audi. C’est la révolution des 4 roues motrices. Après deux années d’essais pendant lesquelles les rallyes s’enchaînent. En 1980, la 131 Fiat Abarth 131 Rally remporte pour la dernière fois le championnat des constructeurs. Un an plus tard, Ford et Ari Vatanen partent favoris pour remporter le doublé en championnat, mais, le titre constructeur leur est ravi par la petite écurie Talbot, dont le manager est Guy Fréquelin. Puis arrive le constructeur Audi. C’est la révolution des 4 roues motrices. Audi engage sur rallye de Monte-Carlo, édition 1981, un tout nouveau modèle : l’Audi Quattro. Avec son moteur turbo de 300 chevaux, elle séduit, mais, sa transmission intégrale permanente est jugée trop lourde, trop complexe et inutile sur asphalte. Malgré les critiques de la presse spécialisée, l’Audi Quattro est engagée pour la deuxième fois en course, et remporte l’épreuve en Suède sans trop forcer.


Quelques mois plus tard, c’est de nouveau une Audi Quattro qui arrive en tête, en Italie. Au volant, une toute jeune pilote nommée Michèle Mouton. Elle devient la toute première femme à remporter un rallye en WRC.


En 1984, Peugeot, Audi, Lancia, c’est un duel au sommet qui s’annonce. En Corse, pour sa première apparition, la Peugeot 205 T16, développée dans le plus grand des secrets par Jean Todt, se révèle plus rapide que la nouvelle Audi Quattro. Aux 1 000 Lacs, Ari Vatanen remporte cette épreuve sur sa Peugeot. C’est le début d’une longue histoire pour l’écurie Française, et tout particulièrement avec la 205 T 16 de Michèle Mouton sur le Rallye de Tunisie, le Rallye des Pharaons et sur Paris-Alger-Dakar avec Ari Vatanen.

Steve McQueen la légende. Légende des plateaux ayant marqué le paysage cinématographique mondial, Steve McQueen n’a pas seulement laissé en héritage une filmographie d’exception. Il a également transmis une passion dévorante pour l’automobile et la moto. C’est cette passion que les visiteurs du plus beau garage éphémère dédié aux véhicules de collection auront l’occasion de découvrir lors du 50ᵉ anniversaire de Rétromobile. Sa passion commence par la moto. Cette liberté de filer à l’anglaise ! compte plus que tout pour l’acteur. Les quelques dollars d’une bourse qu’il a obtenue pour suivre les cours d’art dramatique à l’école Playhouse de Sanford Meisner ne suffisant pas à subvenir à son quotidien, il arrondit ses fins de mois en gagnant quelques billets verts dans des courses de moto, sur le circuit. Il aurait pu devenir pilote professionnel. « À cette époque, je gagnais beaucoup de courses, et je me faisais deux cents dollars par week-end. De plus, en tout-terrain, Steve McQueen avait un vrai talent. Son ami Ekins en plus d’être un pilote expérimenté, était le distributeur de la marque Triumph. Quand il n’est pas au guidon d’une moto, Steve a un volant entre les mains. Dès la fin des années 1950, avec ses premiers cachets d’acteur, il se paie des voitures de sport au volant desquelles il court les épreuves du championnat américain SCCA.

Lors d’un meeting de course, il se lie avec le pilote anglais Stirling Moss. C’est ainsi que McQueen se retrouve au départ des 12 Heures de Sebring au volant d’une Austin-Healey Sprite de la British Motor Corporation. Mais, la cadence infernale à laquelle s’enchaînent les films l’éloigne quelque temps des circuits.



Mais, le virus de la course le rattrape. L’acteur s’est mis en tête de tourner un film sur les 24 Heures du Mans, et a bien l’intention d’y participer lui-même, ne serait-ce que pour assouvir son besoin de se mesurer aux autres pilotes, pour étancher sa soif de vitesse. Dans le courant de l’année 1969, sa société Solar Productions acquiert une Porsche 908-02 Spyder sur laquelle Steve écume les circuits américains. En 1970, il se met en tête de courir aux 24 Heures du Mans, malgré l’interdiction de son assurance. De nuit, il aurait enfilé son casque et pris la piste pour disputer la course de ses rêves. La Porsche 908 # 29 est toujours aux couleurs de »Solar Production ».

Après dix années de compétitions, McQueen court en SCCA, dans la catégorie proto ou en monoplace. Il s’offre un nombre impressionnant de magnifiques voitures : Jaguar KK–SS, Lotus Eleven, Porsche speedster, 911 S 2 litres, puis 2.2S… Mais c’est à moto, en enduro, qu’il est le meilleur. Il fut même sélectionné pour participer dans l’équipe des États-Unis aux fameux International Six Days Enduro, en Championnat du Monde. Une sorte de Rallye Tout-Terrain disputé sur trois jours, de nuit comme de jour.
Pour Steve McQueen, la moto, c’est une véritable rencontre. Le salon 2026 organisera dans l’espace Moto du Pavillon 7.2, une grande rétrospective dédiée au « King of Cool » qui mettra en scène les modèles iconiques ayant marqué la vie de l’acteur. La Triumph TR6 1961 de « La Grande Evasion », Husqwarna 400 Cross 1971, Honda 250 SRM 1971 ou encore la légendaire Mustang Fastback de 1968 du film « Bullit »…

Ce ne sont là que quelques-uns des véhicules que pourront découvrir les visiteurs du salon 2026. Auteur : Gilles David (gd.redaction@orange.fr). Crédit photos : DPPI, Rétromobile et Michel Maindru.