Morocco Désert Challenge 2026. Époustouflant.

23 avril 2026

Pour cette édition de 2 800 km étalée sur huit étapes, Gert Duson a mis les petits plats dans les grands. Pour s’assurer d’une rigueur en navigation, le boss a pris un nouveau chef d’orchestre, le sieur Sébastien Delaunay. Qui mieux que ce navigateur professionnel pouvait valider les roads-books de cette onzième édition ? Ce traceur, réputé pour son endurance et sa précision, avait bien l’intention en début de saison de proposer son expérience et son savoir-faire à d’autres organisateurs. Le premier bivouac s’installe à l’hôtel Karam où les concurrents sont accueillis chaleureusement par Gert Duson et Jean-Claude Kaket, directeur sportif, pour les vérifications administratives et techniques.

Syndiely Wade est nommée directeur de course, pour seconder Noël Geilenkirchen. Marc Bigeard, surnommé dans le milieu le ‘’métromètre suisse’’, avait la lourde tâche de réaliser les classements. L’indétrônable Mimie Kaket est la plaque tournante de cette épreuve. Rien ne lui échappe sur l’actualité des 136 concurrents, d’autant qu’il y avait 28 nationalités différentes.

En SSV, le vainqueur de l’an dernier dans cette catégorie était le Hollandais Mitchel Van Den Brink. Aujourd’hui, il est de retour pour mettre son titre en jeu, mais cette fois sur un Toyota Hilux Overdrive T1+. Face à lui, il y avait des lames aiguisées ! : L’équipage # 306 Ronald Van Loon/Erik Lemmen Toyota T1+ et plusieurs Century CR 6 # 302 du Hollandais Mike Van Eikeren, le CR 6 # 303 de l’Italien Agostino Rizzardi, et du l’Hilux Overdrive T1+, le # 306 Ronald Van Loon/Erik Lemmen Toyota SVR EVO T1+ #, le 304 du Belge Vincent Thijs. De plus, les trois REVO T1+ incluent le # 317 de Dan Beecroft, le # 319 de Dave Beecroft, ainsi que le REVO GTR # 312 de Hotstra Rients. En SSV le Taurus T3 Evo Max # 202 d’Erick Wevers/Floor Maten, le # 205 de Janus Van Kasreren Can Am Marverick R, le # 201 de Geoff Minnitt Can Am Maverick R. Voilà pour les favoris auto/SSV, du moins sur le papier.

Côté français, face à l’armada hollandaise venue en force, MD Rallye Sport affichait ses ambitions avec deux Optimus, l’un piloté par Jean-Pascal Besson # 305, et l’autre # 311 par Hugues Moilet. Mais aussi, le Century CR6 # 308 piloté par Frédéric et Stéphane Chesneau. En auto vintage, le Toyota HDJ 80 # 320 de l’équipage Patrice Benoit/Hervé Demaison (Mautret Racing), l’équipage # 325 de Baptiste Poilvé/Émilie Trompat Toyota HDJ 80. En SSV, le # 224 Franck Boulay / Patrick Debaussage sur un Can Am Maverick R. Le # 231 Loïc Fretbourg/Fabrice Molitor sur Can Am Maverick R, et Roland Perret # 246 sur un Polaris RS1. À moto, on retrouve le talentueux Julien Dalbec # 105 KTM 450, Stéphane Poulet # 106 Yamaha 450, Thierry Costard KTM 450 Factory, Maxence Costard 450 KTM Factory, Loïc Bonicel KTM 450, Georges Mazier KTM. Dans la catégorie camion, aucun Français sur cette épreuve.

ES1. Prologue 75 km Ouarzazate / Foum Zguid. La mise en jambes ! Au programme, de belles pistes sinueuses et vallonnées, avec en arrière-plan, des sommets enneigés du Haut Atlas. La première journée était une bonne introduction, mêlant des sections techniques et rapides style WRC, mais également, avec des passages rocailleux. Cette première allait déterminer les positions de départ du lendemain.

Pour assurer le bon déroulement de l’événement, 153 personnes de l’organisation sont présentes, accompagnées de deux hélicoptères, cinq camions balais, un corps médical renforcé, des cuisines aux petits oignons, et une presse internationale (Motorsports.TV, Bein Sports, Motorvision.TV, Fox Sports Europe et Afrique, R Sport, Sport TV, Sport 24, Sp5rt, Z Ziggo Sport, Sporza, Facebook, Instagram, Youtube, Raid et Rallye.com).

À la queue leu-leu, les concurrents se préparent à s’élancer sur le prologue. Le premier départ est donné à 9h30. C’est le motard # 101 Joris Van Dyck qui se présente sous l’arche. C’est parti, le sable se soulève et la moto disparaît dans un nuage de poussières. Puis vient le tour des SSV, des autos et des camions. En auto, à l’approche du départ, le pilote # 301 Van Den Brink sur Toyota Hilux Overdrive T1+ avait les mains crispées sur le volant, alors que son copilote Bart Van Heun avait les yeux rivés sur son chrono et sa tablette. À cet instant précis, le copilote devient une espèce de coucou qui vit à l’intérieur d’une horloge ! Tic, tac, tic, tac…, c’est parti sur les chapeaux de roues pour une échappée long cour. Une première partie très glissante qui obligeait les pilotes à rester concentrés, surtout sur les 5 premiers km, sur cette piste style WRC sinueuse à flanc de ravin. C’est d’ailleurs à cet endroit, au 4 km que l’équipage SSV # 219 André Thewesssen / Arjan Van Tiel part en galipette sur plusieurs tonneaux et atterrit à 10 mètres plus bas.

Jean-Pascal Besson / Vincent Ferri # 305 MD Optimus : « Nous avons fait ce prologue gentiment en respectant le road-book à la lettre et le cap moyen, comme des vrais marins, sur cette première. J’ai tout de même ouvert en grand sur les passages rapides ! mais je sais aussi que dans cette discipline tout peut passer en une fraction de seconde de l’euphorie au désespoir. » # 311 Hugues Moilet / Mayeul Barbet MD Optimus : « Sur la piste du style WRC, je me suis fait plaisir. En revanche, dans la partie trialisante, sinueuse en montée et en descente, il fallait rester dans le rail, car je savais qu’à droite et à gauche les énormes rochers nous tendaient les bras. La deuxième partie était très technique. » Classement ES1 : Moto 1 – # 105 Julien Dalbec Husqvarna 450 (FR). SSV 1 – # 204 Rodrigues/Mota Can am  Maverick X3 (PRT). Auto 1 – # 301 Mitchel Ven Den Brik/Bart Toyota Hilux Overdrive T1+ (NLD). Camion 1 – # 502 Martin Van den Brik/Hans et Sienna Van Den Brik Iveco (NLD)

ES2. 304 km. Foum Zguid / M’Hamid-Tridi. Touti Rikiki Mashouse Costo ! Cette grande étape emmenait les concurrents au cœur du Sahara occidental. Direction plein ouest, sur des pistes sablonneuses avec des petites dunes, puis la caravane allait faire un 180° pour repartir vers l’est sur une nouvelle piste parallèle du Paris-Alger-Dakar, d’antan. La deuxième partie traversait le lac Iriki, et les dunes de l’Erg Chegaga avec arrivée à M’Hamid. Avant le départ, tous ces boulimiques du bac à sable étaient tendus comme des arbalètes pour retrouver ce parfum d’aventure endiablé, qui, lui, n’attend pas ! Ils savaient aussi qu’un risque doit toujours se calculer et se prendre en toute connaissance de cause. Une spéciale magnifique par le tracé, mais également par les paysages et les couleurs chatoyantes du Sahara. Les Hilux Overdrive T1+, les Century CR6 et les MD Optimus allaient faire la différence. Ainsi, pour suivre les francs-tireurs sur cette spéciale, il fallait élever cette cadence et appuyer sur le champignon, tout en restant attentif pour éviter de faire des étincelles ! Comme des morts de faim, les SSV allaient aussi se jeter dans la bataille. Le premier à en payer le prix, c’est le SSV de Sout Racing Africa # 201 Minnitt/Köhne qui part en tonneau, mais rien de grave en dehors du froissement de tôle. Coup de théâtre, le SSV # 229 de l’équipage ukrainien 100% féminin Holly Wicklow / Dannielle Scarr s’enflamme dans l’habitacle. Décidément, il y a des jours quand ça veut pas, ça veut pas. La scoumoune pour les motards français Loïc Bonicel # 116 s’est retourné le pouce en tombant de sa KTM. Deux Bretons sur le rallye. # 110 Thierry Costard KTM 450 Factory : « J’avais décidé de faire le Morocco avec mon fils Maxence, n°111, qui roule lui aussi sur une KTM. Nous sommes venus sur cette magnifique épreuve pour se faire plaisir, mais aussi pour rivaliser avec les meilleurs. Dans l’année, nous avons pour habitude de faire de l’enduro classic pour nous maintenir en forme. Nous ne cherchons pas à faire des exploits, mais de terminer la course. Inchallah.» Classement ES2 : Moto/Quad 1 # 104 David Mcbride KTM 450. Auto 1 # 301 Mitchel Van Den Brink/Bart Van Heun Toyota Hilux T1 A+. SSV 1 # 204 Paulo Rodrigues/Fausto Mota Can Am Maverick R. Camion 1 # 501 Kay Huzink/Corné Blok/Mark Salomons Iveco.

ES3. 286 km. M’Hamid/M’Hamid. Boucle. En avant Guingamp, ça va décoiffer ! C’est une spéciale en boucle très sablonneuse qui attendait les concurrents. La journée d’hier, n’était que le hors-d’œuvre, alors, arrive le plat de résistance ! en plein milieu du bac à sable, avec parfois des passages très techniques, mais aussi, très rapides. Une deuxième traversée de l’Erg Chegaga, au milieu de paysages désertiques abandonnés par l’homme, où la végétation a repris sa place. La navigation allait être déterminante. Le sable était partout, dans les chaussures, dans l’habitacle, de quoi faire plusieurs châteaux de sable.

Qui dit sable fin, dit obligatoirement fesh/fesh. Cette fameuse farine qui vous engloutit les écoutilles en une fraction de seconde. D’ailleurs, en haut des grandes dunes de Chegaga, le long des pistes visibles, il y a encore des traces des anciens pilotes du Paris-Dakar Afrique qui ont passé beaucoup de temps à pelleter, allant du statut du désespoir à celui de vainqueur. La poussière qui drapait le sol était l’ennemi de tous, stagnante entre les épineux, elle brouillait les pistes déjà peu visibles. Les derniers 100 km étaient rapides comme l’éclair, sinueux en pif/paf, et parfois très glissants. Rapidement après le départ, les premières motos se retrouvent dans le Drâa-Tafilalet au milieu de nulle part. En quelques minutes, le Toyota Hilux T1+ # 301 de Mitchel Van Den Brink caracole la dernière moto et bondit comme un cabri sur les dunettes pour le dépasser. La chasse est ouverte, le Toyota T1+ # 306 de Ronald Van Loon et le Hilux # 304 de Vincent Thijs et le CR6 # 303 d’Agostino Rizzardi partent à sa poursuite. C’est court après moi que j’attrape !  Cette fois, on est bien rentré dans la gueule du loup. Coup de tonnerre, Mitchel Van den Brink est arrêté net au milieu de l’Erg Chegaga. Plus les minutes passaient, plus tout le monde s’interrogeait sur le sort du Toyota Hilux Overdrive # 301 du pilote hollandais. C’est un retournement de situation qui chamboule le classement général, puisque l’équipage perdra beaucoup de temps à réparer sur la piste. Deuxième coup de tonnerre, à 12 km de l’arrivée, le MD Optimus # 311 de Hugues Moilet part en tonneau. L’équipage encaisse en prime, la décevante expérience du Coitus interruptus ! Bien heureusement, il n’y a pas de blessé, Hugues et Mayeul vont bien. Dans la catégorie 4×4 T1 et T2 historique, l’équipage du Toyota HDJ 80 # 320 Patrice Benoit / Hervé Demaison s’accroche pour garder leur première place.

Quant à Émilie Trompat et Baptiste Poilvé # 325 leur Toyota HDJ 80 avale les obstacles sans broncher. Ce matin avant le départ, Émilie nous disait la veille : « La course est encore longue, c’est la raison pour laquelle nous ménageons notre monture. » À l’arrivée, Emilie Trompat était peu déçue. « C’est dommage : nous sommes arrivés trop tard au CP1 ; nous avons donc pris une décision stratégique et rejoint directement le CP2 afin d’éviter les trois heures de pénalité.En fait, le moteur manquait de puissance dans les dunes de Chegaga, on a perdu beaucoup trop de temps. » Classement ES3. Moto 1 # 105 Julien Dalbec KTM 450. Auto 1 # 312 Rients Hofstra/Evert Boersma. REVO GTR T1 +. SSV 1 # 203 Gert Huzink/Hugo Kupper. Can Am Maverick X3. Camion 1 #501 Kay Huzink/Mark Salomons/Corné Blok. De Royy Iveco.

ES4. 350 km. M’Hamid/Oum Jrane. L’affaire Tournesol ! qui tourne mal ! La journée d’hier aura laissé des traces pour les hommes et les mécaniques. Dans cet océan de sable, la navigation prenait toute sa saveur et beaucoup de concurrents se sont fait embarquer dans les chemins de traverse. Après quelques passages montagneux et techniques, les concurrents trouvaient une plaine désertique sur 60 km ou poussent des acacias. Puis, la caravane remontait vers le nord entre des montagnes qui rappellent celles d’un tajine. Voilà un véritable terrain de jeu pour pratiquer le cross-country. Sous l’arche, à la file indienne, très vite l’ambiance s’échauffe, et la ferveur monte au fur et à mesure du top départ. Ces derniers jours, les Français brillaient à l’image du # 105 Julien Balbec, du # 106 Stéphane Poulet, du # 116 Loïc Bonicel, et du # 118 Georges Mazier. À 8h30 tapante, au coup de clairon, le motard part comme un boulet de canon, puis disparaît dans une poussière ocre. Les 70 premiers km se font autour de M’Hamid, puis direction le cratère. La deuxième partie était très roulante avec beaucoup de pistes parallèles (PP) I I I I. Sur ce genre de tronçon,les bolides devraient utiliser toute la puissance de leur engin. En revanche, la troisième partie de 50 km est très trialisante avec plusieurs dangers II et III (escaliers, crevasses, trous…), en descente. De quoi refroidir l’ardeur de quelques-uns, car c’est toujours dans le désert qu’on casse sa pipe ou sa bouteille d’eau ! Dans la catégorie auto, devant on retrouvait les mêmes, malheureusement sans l’équipage français #311 Hugues Moilet/Mayeul Barbet qui a été contraint à l’abandon. Du coup, tous les regards étaient rivés sur le Toyota Overdrive # 301 de l’équipage Van de Brink, qui faisait preuve d’une motivation de circonstance pour remonter au classement. Il était donc logique de trouver dans le peloton de tête, le # 301 Van Den Brink, # 304 Thijs, # 303 Rizzardi, # 305 Besson et # 306 Van Loon. Des lames aiguisées prêtes à s’emparer du détroit de Magellan !

Julien Dalbec # 105 KTM 450 « Je termine 3ème aujourd’hui, mais je conserve mes 30 mn d’avance au classement général. Depuis le début de la course, je ne suis qu’à 70% de mes capacités, pour éviter une chute qui serait fatale. Le plus important pour moi c’est de rester dans le trio de tête jusqu’à l’arrivée, et pourquoi pas, soulever le Graal. J’aime ouvrir la piste, ça va m’aider à progresser et à maîtriser la nav pour les prochaines compétitions. J’en profite pour remercier mon partenaire pneumatique, la société Mites, qui me suit depuis le début de ma jeune carrière de pilote ».# 106 Stéphane Poulet Yamaha 450 « Ça va mieux que la première journée, où j’avais cassé la roue arrière. La sentence a été sans appel, 35 heures de pénalités. À ce moment précis, j’avais le moral dans les chaussettes. Maintenant, il revient, et c’est tant mieux. Pour l’instant, la machine fonctionne bien, pas de soucis particuliers. Mon objectif, c’est de passer la ligne d’arrivée et de faire plaisir à ma fille et à mon fils, qui tous deux sont avec moi sur cette course pour assurer la mécanique ». Classement ES4. Moto 1 # 121Wouter de Graaff Husqvarna 450. SSV 1 # 205 Janus Van Kasteren/Marcel Snijders Can, Am Maverick. Auto 1 # 301 Mitchel Ven de Brink/Bart Van Heun Toyota Hilux Overdrive. Camion 1 # 501 Huzink/Blok/Salomons/ Iveco De Rooy. Il est temps maintenant de reprendre des forces au bivouac. Dans les cuisines, tout le monde s’active pour régaler la caravane. À table, ce soir c’est barbecue.

ES5. ES 5. 270 km. Oum Jrane/Merzouga. Merzouga, nous voilà ! Cette cinquième étape faisait partie des classiques de la compétition mécanique, où la caravane allait poser ses valises pendant deux jours. Selon l’organisateur, c’est l’une des plus belles étapes du MDC. Les 50 premiers km étaient compliqués avec plusieurs dangers II et III. Des grandes plaines sablonneuses près de Marabout, le canyon, M’Harech, la traversée sur 10 km dans les dunes de l’Erg Ouzina, avec des pistes sinueuses et ensablées, puis direction les dunes de Merzouga pour le grand spectacle. Au briefing, Gert Duson avait annoncé que les hélicoptères n’avaient plus les autorisations pour survoler l’approche de la frontière algérienne. Autrement dit, sur une quinzaine de km, les concurrents allaient rouler beaucoup moins vite pour éviter un accident. Il conseille de ne pas dépasser les 130 km/h. Par mesure de sécurité, pour pallier cette absence d’hélicos, plusieurs ambulances et médecins seraient positionnés aux points stratégiques de ce tronçon. Puis, il décide de limiter le parcours pour les motos à 95 km. # 105 Julien Dalbec qui rétrograde à la 2ᵉ place au classement général, s’exprime : « Ces 95 km ont été d’une beauté incroyable. Il y avait de tout, des cailloux, des paysages magnifiques, et de la piste rapide qui m’a permis de partir en glissade à plusieurs reprises. » Comme prévu, en auto on retrouve rapidement les mêmes. Des pilotes qui ont pour habitude de jouer dans le sable et qui aiment le provoquer. Le couteau entre les dents, les protos T1 + glissent sur le sable fin mais porteur à la vitesse d’un cobra, toujours prêts à bondir sur leur proie ! À l’arrivée, certains équipages n’étaient pas beaux à voir, couverts de poussière et avec du sable plein les chaussures. D’ailleurs, leurs durillons aux mains témoignaient de la difficulté du terrain. En cette fin de journée, c’est aussi un privilège de s’endormir sous la voûte étoilée remplie d’étoiles qui, une à une, s’allument pour éclairer leurs rêves. Classement ES5. Moto 1 # 124 Dennis Verswijver Husqvarna 450. Auto 1 # 301 Mitchel Van Den Brink/Bart Van Heun Hilux Overdrive T1+. SSV 1 # 205 Janus Van Kasteren / Marcel Snijders Can Am Maverick R. Camion 1 # 501 Kay Huznk/Corné Blok/Mark Salomons Iveco De Rooy.

ES6. 345 km. Boucle Merzouga/Merzouga. Mais, qui va dynamiter le grand champion ? L’étape reine du Morocco Désert Challenge 2026 a été complètement modifiée dans la nuit, puisque les hélicoptères ne pouvaient toujours pas survoler l’espace aérien proche de l’Algérie. Des ordres qui sont venus du plus sommet de la pyramide militaire. En attendant, les paupières étaient lourdes, mais le moral était au beau fixe puisque Gert Duson pouvait enfin souffler. Au programme, dix km de dunes, du roulage rapide sur des plateaux, avec du hors-piste (HP), du sinueux avec de la végétation derrière Erfoud. C’est encore sous un soleil bleu azur que le premier motard s’élance sur une piste drapée de poussières qui voltigent dans le ciel. Côté autos et SSV les pilotes français étaient remontés comme des coucous ! Ils sont des petits gars ténébreux et courageux, qui ne font pas partie des grosses écuries, qui n’ont pas de gros moyens, mais qui ont du cœur au ventre. Entre les deux leaders dans la catégorie autos et SSV, c’est la réponse du berger, à la bergère. Qui ira chercher aujourd’hui le grand champion ? nommé Mitchel Van Den Brink ? :  Rizzardi, Besson, Thijs, Chesneau, Van Loon, Hofstra ou le Taurus de Wevers ? Comme ils ont tous une solide connaissance du terrain africain, il est compliqué de dire qui s’imposera aujourd’hui. De toute façon, c’est ça le rallye-raid, des histoires d’hommes et de femmes avec des moments qui marquent leur existence. Après 30 mn de course dans le tronçon de dunes, sans surprise, du côté de Rissani, le Hilux Overdrive # 301 de Van Den Brink enclenche la troisième, laissant derrière lui une horde sauvage prête à tout pour passer à l’abordage.

Des corsaires aiguisés comme des lames de rasoir, qui voulaient en découdre avec le leader. Autrement dit, des morts de faim qui avaient bien l’intention de lui faire manger la poussière ! À moto, le Français Julien Dalbec # 105 part comme une balle à l’assaut des dunes, et dès que l’occasion allait se présenter, il filerait à l’Anglaise pour porter l’estocade à son rival. vrooomm, vrooomm, vrooomm …. En camion, le # 501 Kay Huzink impose la cadence à tous ses adversaires au volant de son Iveco de l’écurie De Rooy. Cette position de lièvre n’est pas toujours l’idéal, dans la mesure ou ses adversaires se jettent dans la bataille pour lui mettre la pression et le pousser à la faute. Coup dur pour l’Optimus # 305 de Jean-Pascal Besson. Il s’arrête un bon moment sur la piste. Finalement, il passera la ligne d’arrivée à 16h30 avec plusieurs boulons de cardans cassés. Quant au motard français, # 105 Julien Dalbec, il reprend les commandes et conforte sa place de leader avec 22 mn d’avance. Classement ES 6 : Moto 1 # Julien Dalbec KTM. Auto 1 # 312- Rients Hofstra / Evert Boersma REVO GTR T1+. SSV 1 # 205 Janus Van Kasteren / Marcel Snijders Can Am Maverick. Camion 1 # 501 Kay Huzink / Corné Blok Iveco.

ES7. 138 km. Liaison : 212 km. Merzouga / Bouârfa. Les leaders ne lâchent rien. La caravane quitte Merzouga pour se rendre à Bouârfa. Au programme : les plaines du Hamada et une petite partie du plateau du Rekkam. Avec des pistes techniques le matin, de la navigation et du drift l’après-midi. C’est donc une remontée vers le nord dans un désert toujours aussi aride. Après un dernier passage de 12 km de dunes, les concurrents changent de cap pour emprunter des pistes rapides, des plateaux et des oueds sablonneux, notamment la piste ‘’Citroën’’. Pour des raisons de lacs et d’oueds inondés, les concurrents rejoignaient le goudron pour 212 km de liaison avant d’arriver au bivouac de Bouârfa. Une ville située à l’est du Maroc, et à 60 km de la frontière algérienne, exploitée pour ses mines de pyrolusite, jusqu’en 1913.

Parmi les équipages français, il y a Stéphane Chesneau et son frère Frédéric sur Century CR6 # 308. Stéphane vit depuis des années sur l’île de la Réunion, il est venu spécialement pour participer au Morocco Désert Challenge. 10 000 km et onze heures de vol séparent sa ville de résidence et le Maroc « C’est le seul rallye que je fais par an. Je suis toujours aussi content d’être ici, d’autant que le véhicule fonctionne jusqu’à maintenant à merveille. 4ᵉ au général ce soir, c’est une place inattendue, car devant, ça roule vite, même très vite. Demain, c’est la der, nous espérons maintenir le rythme jusqu’à Saïda. Ensuite, dès lundi, je repars à la Réunion. » Conformément aux indications de Gert Duson au briefing, le tracé est le reflet de la réalité, de même que, de celui qui le réalise, mais entre la dernière reco de l’organisateur et la validation de Sébastien Delaunay, beaucoup de choses ont pu se passer. Une tempête de sable peut avoir effacé les traces, modifié le profil des dunes ou que la pluie a changé la configuration du terrain. C’est sous le ciel immensément bleu du Sahara, dans cet immense désert aride, que voguent les dromadaires appelés méharis, où règne un soleil chaud, où chacun s’incline et baisse les yeux. La grande majorité des concurrents ont pu apprécier la piste Citroën. Pour certains magnifiques, pour d’autres, ces pistes ressemblaient aux vastes plaines du Kazakhstan.

Les yeux pleins de souvenirs, tout le monde rentre satisfait au bivouac. Une fois que la pression est redescendue, le cortège d’étoiles du ciel de Bouârfa accompagne et éclaire les concurrents pour une belle et douce nuit. Classement ES 7. Moto 1# 101 Joris Van Dyck Husqvarna 450. Auto : # 301 Mitcel Van Den Brink Hilux Overdrive T1+. SSV : 1 # 206 Wilem Meijer Can Am Maverick X3. Camion 1 # 501 Kay Huzink/Corné Blok/Mark Salomons Iveco De Rooy.

ES8. 170 km de spéciale, liaison 156 km. Samedi 18 avril. La der ! Cette ultime spéciale pouvait bien jouer un rôle de juge de paix ? En effet, le juge de paix, c’est le chronométreur, assis devant son écran, il possède le compteur équipé d’une aiguille qui s’appelle ‘’ dédoublante-rattrapante ’’ et qui est capable d’activer le coupe-raie, si vous arrivez hors temps. La dernière étape devait être une ruée vers le nord ! avec quelques surprises. Certes plus courte, mais néanmoins dangereuse, compte tenu de l’enjeu. Le tracé est rapide avec des pistes style WRC, du sablonneux glissant et piégeur avec de nombreux dévers et de nombreux freinages en courbe. Ainsi, un excellent condensé qui attend les concurrents sur cette dernière étape. Mais, attention, comme le disait si bien René Metge : « Ce n’est qu’à la fin du bal qu’on paye les musiciens ! ». 

Tiens mon petit bonhomme, tu l’as bien mérité

Car entre temps, l’examen est permanent et la remise en question est totale, jusqu’à l’arrivée. D’ailleurs, hier, le motard français # 110 a chuté, l’obligeant à abandonner. Donc, prudence, car les actes et les comportements n’ont d’intérêt que s’ils ont un sens. Encore une fois, la navigation allait prendre toute sa saveur et beaucoup de concurrents risquaient de se faire embarquer dans les chemins de traverse, qui longent l’ancienne ligne de chemin de fer.  Coup de théâtre, à quelques km de l’arrivée, tous les espoirs de l’équipage # 325 HDJ 80 Baptiste Poilvé / Émilie Trompat a failli jeter l’éponge à quelques encablures de la ligne d’arrivée. C’est là qu’on s’aperçoit que le mot ‘’ Aventure ’’ est associé au mot ‘’ Problème ’’, l’un ne va pas sans l’autre. Mais, la détermination du duo français a fait qu’ils ont réussi à surmonter le problème. Une fois passé la ligne d’arrivée, ils rentreront sur un camion plateau jusqu’à la Marina de Saïdia pour le parc fermé. Après avoir traversé les rails, tous ces gladiateurs passent sous la ‘’Grande Arche’’ pour savourer la fin d’une semaine pleine de rebondissements.

Clap de fin. Cette épreuve, qui est le contraire de l’éphémère, devrait perdurer longtemps en raison de son succès grandissant d’année en année. Tout le monde est heureux d’en avoir fini, le désert retrouve son aspect originel, et toutes les marques de combats et de fatigues sont maintenant effacées. C’est la fin des hostilités, le sable ocre est redevenu immobile. Cependant, tout le monde sait que cela ne durera pas, seul le décor restera à sa place en attendant qu’une nouvelle épreuve vienne affronter ce décor majestueux. Pour les équipages, c’est le bonheur total d’avoir triomphé des plus hauts sommets de l’effort, du risque, et de l’angoisse qui constituaient le véritable enjeu du Morocco Désert Challenge 2026. Par conséquent, ne cherchons pas loin les raisons qui incitent les concurrents à tout mettre en œuvre pour revenir l’année prochaine.

Espérons voir plus d’équipages français sur la prochaine édition, car beaucoup d’entre eux sont capables de rivaliser avec les forces qui étaient présentes, et tout particulièrement contre l’armada hollandaise. Un pari réussi par Gert Duson et Jean-Claude Kaké pour avoir récompensé tous les rescapés en vainqueurs. Notons la remarquable performance des équipages français. Dans la catégorie moto, le # 105 Julien Dalbec monte sur la première marche du podium avec sa KTM 450 RR.

En T2 Auto Classic, c’est l’équipage # 320 Partrice Benoit / Hervé Demaison HDJ 80. Quant à la catégorie mixte, elle est remportée par l’équipage # 325 Baptiste Poilvé / Émilie Trompat. Classement général final : Moto # 105 Julien Dalbec KTM 450 (FR). Auto # 306 Ronald Van Loon / Erik Lemmen Toyota T1+ (NDL). SSV # 205 Janus Van Kasteren / Marcel Snijders Can Am Maverick R (NLD). Camion # 501 Kav Huzink / Blok Corné / Mark Salomons Ivéco De Rooy (NLD). Tous les classements : www.moroccodesertchallenge.com.

Auteur : Gilles David (gd.redaction@orange.fr). Crédit photos : Photo Vision et Morocoo Désert Challenge 2026.

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