
Organisée par le Team Bout’s, la première épreuve du championnat de France reprenait son bâton de maréchal, les 16 et 17 mai 2026, sur le circuit de Flaucourt de 4 440 km, dans la Somme. Gilbert Lucas est nommé directeur de course et là, ça change tout. Réglementation et rigueurs appliquées.



Sur place, nous retrouvons quelques équipages qui étaient présents sur le rallye Morocco Désert Challenge, en avril dernier. C’est sur une piste re-stabilisée et élargie que les concurrents allaient se mesurer avec les meilleurs de la discipline. Une bagarre incontournable et attendue, entre les 4 x 4 traditionnels, les buggys et les SSV. Ces petits engins sont rapides comme l’éclair, et ils n’ont pas l’intention de faire dans la dentelle dès les premiers tours de roues.



Effectivement, ces dernières années, les SSV ont fait d’énormes progrès en solidité et en performance. D’ailleurs, tous les organisateurs ont bien compris l’enjeu qui consiste à faire monter la pression avant la course entre les trois catégories. Mais une épreuve d’endurance demande une gestion de course rigoureuse qui a tendance à favoriser les 4 x 4 et les buggys, au profit des SSV qui sont plutôt à la recherche de la vitesse et de la souplesse.

Affûtés comme des lames de rasoir, pour les pilotes de ces petits bolides, la meilleure façon de rouler, c’est de mettre le pied sur le champignon, et ils sont nombreux à avoir le pied lourd ! comme le précise l’ancien champion de France, Franck Cuisinier au volant du Can Am Maverick X4 # 519.


De constat, l’empire va-t-il contre-attaquer sur cette première épreuve ? L’organisateur en est convaincu. C’est pourquoi, sur la ligne de départ, il était difficile de faire des pronostics sur cette course d’endurance entrelacée de chemins de traverse, plus ou moins cabossés. Étant donné le plateau relevé, bien avant le coup d’envoi, le rythme de la course devrait permettre peu de temps pour visiter la région et faire du tourisme ! Dès lors, chaque équipage devrait en appeler au bon sens pour que cette épreuve se dispute dans un contexte sportif et loyal. Sans quoi, le bras de fer risquerait de se terminer en froissement de tôle ! Parole de Pascal Mercier. Une course qui s’est déroulée en deux phases. 3 heures le samedi et 6 heures le dimanche. Une nouvelle partition qui a fait ses preuves, puisqu’elle permet de remettre en état dans la nuit du samedi tous les bobos mécaniques de la première manche.

Mais, avant de s’élancer à bras raccourcis sur cette nouvelle piste élargie, les licenciés devaient passer par les vérifications administratives et techniques, sous les yeux aguerris des commissaires de la FFSA. Tout est vérifié, selon Patrick Boutry, organisateur de l’épreuve : l’homologation des casques, des combinaisons…, ainsi que de toute la sécurité du véhicule en vigueur, est nécessaire pour pouvoir prendre le départ.


Nous avions quitté Hugues Moilet et Antoine Galand en avril au Maroc, et les voici maintenant dans la Somme avec deux Buggys MGR. Le premier est conduit par Oscar Galland et Thomas Billaut, le deuxième par Hugues Moilet et Antoine Galland. Oscar et Thomas sont les fils que tout le monde a connus dans les stands lorsqu’ils nettoyaient le pare-brise de leur père qui sont des références dans cette discipline. Coup de théâtre, l’un des favoris, le Buggy Fouquet Nissan T1 A # 1 Euvrard/Kielwasser/Clochey casse sa boîte de vitesses aux essais qualificatifs. Nous les retrouverons sans doute à Orléans pour la seconde épreuve du championnat de France.



Sur la piste aux étoiles, les glissades s’enchaînent sur cette piste d’étrempée à souhait. Au terme de ces 3 heures de course, c’est l’équipage Locmane / Fournaux SSV Can Am Maverick R # 428 qui remporte cette première manche sur ce circuit de 4, 440 km avec le meilleur temps au tour 3 : 57.608. 32. Le SSV Can Am # 539 de Destringuez / Andrieu s’emmêle les crayons !


Dans la catégorie 4×4 T2, l’incontournable équipage du Toyota KZJ 90 # 301 de Pikatchou est piloté par Emmannuel Esqiueu, Roger Audas, Yves Debuisne, et Jean-François Kerckaert, journaliste du Dakar que le monde nous envie. Cette première manche aura laissé des traces, puisque quatre équipages sont non-partants pour les 6 heures : # 1 Arnaud Euvrard / Antoine Kielwasser/ Gilles Clochey Touquet Buggy Nissan T1A. # # 2 Antoine Deleporte / Noë Deleporte Springbox Evo/ T1 A. # 59 Antoine Galland/Hugues Moilet MRG T1 A. # 559 Fabrice Sellem / Hervé Felten SSV Can Am X3 T3.



Dimanche 17 mai, on rentre dans l’arène des gladiateurs ! avec six heures de course non-stop. Après une douce nuit sous les nuages, la deuxième manche s’annonçait aussi grassouillette que la veille. Dès l’aube, dans les stands, on croise des marmottes mal réveillées qui savourent le »petit café grand-mère ! » et les croissants chauds. Ce matin, le ciel est bas, lorsque les pilotes sont appelés à sortir des stands pour se mettre en grille de départ.



À dix heures tapantes, le départ est donné par le directeur de course. Vroommm, vrooomm, vrooomm… c’est parti sous les yeux des managers et des mécanos pour une chasse à courre de six heures ! Coup de théâtre, 15 mn plus tard, le Toyota # 301 rentre au stand pour un problème électrique. Toute l’équipe se jette sur le véhicule qui finira par repartir après 10 mn de réparation.


Deux heures de course plus tard, c’est le SSV # 428 Can Am de Romain Locmane qui cède sa place de leader pour des raisons mécaniques au profit du Buggy d’Oscar Galland âgé du haut de ses 17 ans, qui lui-même est pourchassé par le SSV Polaris Pro R # 422 de Victor Crevecoeur. Finalement, il n’y a pas que les véhicules et les marques qui s’affrontent, il y a aussi les générations.



Plus les minutes s’écoulent, plus Romain Locmane et Maxime Fourmaux voient s’envoler tout espoir de podium. Idem pour le Toyota # 310 du Team Adonf Médoc. Quand ça veut pas, ça veut pas. Maintenant que le Can Am Maverick R de Locmane est immobilisé dans les stands »le dimanche tout est permis ! ». Roger Audas, pilote émérite du Dakar se laisse embarquer sur la piste d’Holiday on ice en glissade pour épater les spectateurs venus affronter un climat très humide. Ce spectacle impressionnant démontre toute la difficulté de maintenir un véhicule sur ses 4 roues. # 340. Au volant de son Land Rover 110, l’ami Sylvain Venthenat s’en donne à cœur joie « On adore ce genre d’intempérie. Pour nous et notre Land, c’est le manège enchanté ! »



Le malheur des uns, faisant le bonheur des autres, Antoine Fay SSV X3 # 577 s’accroche comme un fil à la patte au trio de tête, ainsi qu’Apoline Dofffin au volant de leur Can Am X3. Pour le public courageux qui avait fait le déplacement, il constate qu’il ne fallait surtout pas venir dans la Somme en souliers vernis, ni en talons aiguilles. La gadoue, la gadoue, la gadoue…


Quelques minutes plus tard, Antoine Fay, SSV # 577 s’arrête pour changer un triangle. Branle-bas de combat, tous les mécanos et les pilotes se jettent sous le véhicule pour remettre le Can Am sur la piste. C’est bien connu, l’aventure n’attend pas ! surtout en Tout-Terrain. Aussitôt dit, aussitôt fait, le SSV de Victor Crevecoeur # 522 s’empare de la pole position au nez et à la barbe des deux leaders. Maintenant, c’est œil pour œil, dent pour dent. Le couteau entre les dents, Oscar Galland en profite pour s’accrocher aux baskets du vaillant Can Am de Jérôme Destringuez. Une chose est sûre, à 1 h 30 de l’arrivée, les SSV remontent en force sur les buggys, pourtant plus rapides.


Nous pensions l’avoir laissé sur les pistes marocaines, et bien non, le chat noir est de retrour sur les terres françaises. Mécontent du changement de température, il s’acharne sur le buggy d’Oascar Galland, dont le cardan arrière se déboîte du pont arrière. Même si la pluie n’y est pour rien, c’est la goutte qui fait déborder le vase ! L’entraîneur Antoine Galland reste KO au fond du ring sans pour autant jeter l’éponge.


La dernière heure de course ressemble à une histoire de gros grains qui s’abat sur la piste. Vers 15h30, ça commençait à faire vilain dans le ciel, le gros grain se renforce, obligeant les rescapés à ralentir en attendant le drapeau à damier. Le SSV # 428 de Locmane/Fourmaux et le Toyota KZJ 90 # 301 du Team Adonf Médac repartent clopin, clopant, avec la ferme intention de passer la ligne d’arrivée. La libération arrive à 16h01 lorsque Gilbert Lucas fait flotter le drapeau au-dessus du SSV Polaris # 522 de l’équipage Victor Crevecoeur / Sébastien Levillain.

Classement général : 1. # 522 SSV Polaris Crevecoeur / Levillain. 2. # 506 SSV Can Am Maverick Dominique Hutpin / Christophe Champel. 3. # 5 Buggy MMC BMW Alain Perreau / Franck Brouard / Quentin Zitouni. 4. # 527 SSV Polaris Romuald Bubois / Maxime Forvarin. 5. # 595 Can Am X3 Lucas Beurois / Apoline Dofffin. Rendez-vous les 27 et 28 juin pour les 9 Heures de l’Orléanais (Olivet). Auteur : Gilles David (gd.redactions@orange.fr). Crédit photos : Jacques Devisme.
